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21 décembre 2006

Jean-Louis Borloo parle du papy-krach

Invité dimanche dans l'émission de Franz-Olivier Giesbert sur France 5, Jean-Louis Borloo parle du papy-krach

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Interview, ou plutôt discussion, cette semaine avec Jean-Michel Billaut.
 
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20 décembre 2006

2005-2030 : + 75% de plus de 80 ans

 La parution du n°1111 d'Insee Première (4 pages, 2,30€) renforce le constat de l'inéluctable vieillissement de la France. L'âge moyen des Français devrait passer de 39 ans en 2005 à 42,6 ans en 2030...

 

L'article d'Anne Chemin publié dans le Monde reprend les principaux chiffres de ce document.

 

 

Le nombre de plus de 60 ans va progresser de 60 % d'ici à 2030

LE MONDE | 19.12.06 | 15h58  •  Mis à jour le 19.12.06 | 15h59


Le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait augmenter, au cours des vingt-cinq prochaines années, de près de 60 %.
AFP/MYCHELE DANIAU

A l'horizon 2030, la France aura profondément changé de visage : l'Hexagone, comme la plupart de ses voisins européens, sera atteint de plein fouet par un "vieillissement inéluctable", selon l'expression de l'Insee. Si l'on prolonge les tendances actuelles, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait augmenter, au cours des vingt-cinq prochaines années, de... près de 60 %. Pour les octogénaires, les chiffres sont plus impressionnants encore : de 2005 à 2030, le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans devrait progresser de 75 %.

Ces données sont extraites d'une étude menée par deux démographes de l'Insee, Olivier Léon et Pascal Godefroy. "Le vieillissement est un changement démographique inéluctable à l'horizon 2030, en raison de l'arrivée aux grands âges des générations nombreuses nées pendant les "trente glorieuses", constatent-ils. En 2030, ces générations atteindront une "sorte d'apogée démographique" qui aura pour conséquence de faire nettement grimper l'âge moyen des Français : selon l'Insee, il devrait, en France métropolitaine, passer de 39 ans, en 2005, à 42,6 ans en 2030.

EQUILIBRE EN ILE-DE-FRANCE

Ce vieillissement n'affectera pas toutes les régions de la même manière. Seule l'Ile-de-France conservera, au terme de cette mutation, une population relativement jeune : à l'horizon 2030, cette région, qui détient aujourd'hui la palme de la jeunesse, sera la seule à garder une population dont l'âge moyen sera inférieur à 40 ans. Elle sera également la seule à préserver, à cette date, un équilibre entre générations : alors qu'aujourd'hui treize régions recensent plus de jeunes de moins de 20 ans que de personnes âgées de plus de 60 ans, l'Ile-de-France sera la seule, à l'horizon 2030, à conserver cette caractéristique.

En revanche, d'autres régions connaîtront un vieillissement extrêmement prononcé. Ce sera notamment le cas du Limousin : cette région, qui est déjà la plus âgée de France, conservera ce titre à l'horizon 2030, en affichant un âge moyen de plus de 46 ans. A cette date, elle détiendra le record de France des octogénaires : les personnes âgées de plus de 80 ans devraient, dans vingt-cinq ans, représenter près de 10 % de la population du Limousin.

Mais le vieillissement s'accentuera dans d'autres régions comme la Corse, la Bourgogne, l'Auvergne et Poitou-Charentes. En 2030, ces territoires verront, eux aussi, l'âge moyen de leur population atteindre ou dépasser 46 ans.


"Projections régionales de population à l'horizon 2030", d'Olivier Léon et Pascal Godefroy, Insee première nº 1111, décembre 2006, 2,30 €.

19 décembre 2006

Les grandes gueules

J'étais le 8 décembre dernier l'invité des Grandes Gueules, l'émission d'Alain Marschall et Olivier Truchot, pour dialoguer avec eux et répondre aux questions des auditeurs.

Ci-dessous, le podcast de l'émission

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Blog de lesgrandesgueules : Le Blog officiel de l'émission culte de RMC, Bernard SPITZ dans les GG !

"Les jeunes paieront !"

Un article de François d'Orcival, paru ce week end dans le Figaro Magazine

 

«Les jeunes paieront !»

DE FRANÇOIS D'ORCIVAL.

 Publié le 15 décembre 2006

Actualisé le 16 décembre 2006

Ils voulaient des stages ? Il va leur trouver des stages. Huit mois après avoir dû abandonner son projet de CPE devant leurs manifestations, Dominique de Villepin profite de sa conférence sur l'emploi et la cohésion sociale pour revenir devant les jeunes. Mais il a autre chose à leur dire. Son ambition est de les faire entrer dans la vie active. Là commence la revalorisation du travail. Le stage ressemble à un emploi, mais ce n'est pas un emploi.

Concurrencée sur toutes ses frontières, la France ne peut plus se permettre de soustraire un jeune actif sur quatre au marché du travail. Triste record, elle a le plus fort taux de chômage des jeunes des grands pays industrialisés. Un taux insupportable dans un pays qui doit savoir que, dans huit à dix ans, les plus de 60 ans seront désormais plus nombreux que les moins de 20 ans... Autrement dit, «les jeunes paieront» - et «plutôt deux fois qu'une», dit Bernard Spitz dans un essai décapant sur notre avenir, Le Papy-Krach (Grasset) -, parce qu'ils devront payer à la fois pour rembourser une dette abyssale, prendre en charge des cotisations sociales et des impôts supérieurs à ceux de leurs aînés, et qu'ils devront «travailler plus et plus longtemps pour des régimes sociaux inférieurs et des services publics moins performants»... Ne l'ont-ils pas compris ?

Nous avons là le résultat d'un «magnifique exercice de tir de balle dans le pied», ironise Bernard Spitz : cette balle que les lycéens et les étudiants se sont tirée eux-mêmes en trente années de manifestations contre leurs intérêts. Ils n'ont donc eu ni réforme du baccalauréat, ni orientation sélective à l'entrée de l'enseignement supérieur, ni autonomie des universités, ni contrat première embauche. Mais leurs mouvements ont obtenu plus que cela : servant de paravents aux syndicats de salariés et d'enseignants, ils les ont renforcés dans leur conservatisme et leur obstruction systématique. De sorte que, les gouvernements étant paralysés, on n'a réformé ni le marché du travail pour simplifier le recrutement des jeunes, ni investi dans l'enseignement supérieur et la recherche afin de mieux les former. En revanche, on a dépensé chaque année quelque 20 milliards d'euros (près de la moitié de notre déficit !) à subventionner les entreprises pour qu'elles travaillent moins, et 5 milliards d'euros de plus pour faire partir les salariés de plus de 50 ans en préretraite ! Si les jeunes pauvres d'aujourd'hui ne veulent pas avoir demain une «vieillesse de pauvres», selon le mot de Bernard Spitz, tout ce que la gauche a conçu depuis vingt-cinq ans devra être repris à l'envers : la voilà, la «rupture» ! Ou bien, nos jeunes élites iront

11 décembre 2006

Interview dans 20 minutes

Une interview parue ce matin dans 20 minutes (en version intégrale)

 

Bernard Spitz : «Les jeunes doivent avoir la certitude qu’ils ont un avenir»

Conseiller d’Etat, essayiste, Bernard Spitz vient de publier «Le papy-krach» (Grasset). Sa thèse: la France vieillit, se sclérose et laisse aux jeunes générations une facture colossale.
Le facteur démographique va jouer un rôle déterminant dans cette dérive: augmentation brutale du nombre de retraités, allongement de la durée de vie. Dans le même temps, de plus en plus de jeunes sortent du système éducatif sans formation, contribuant à l’envolée du chômage et de la pauvreté.
Tout cela se profile dans le contexte d’un puissant immobilisme politique: la France persiste à ne pas se lancer dans les indispensables réformes qui laisseraient espérer à sa jeunesse un avenir meilleur.
Pourquoi les réformes que vous préconisez et qui paraissent évidentes sont-elles si difficiles à imposer en France ? Est-ce un problème de prise de conscience ou de courage politique ?
La prise de conscience est récente car la culture économique en France est elle-même récente. Ce que j’appellerai « l’économie du Père Noël » où l’on promet tout à tout le monde, est en train de perdre du terrain. Elle est devenue tout au plus un argument tactique utilisé par la gauche radicale. Malgré tout, cette perception de la nécessité vitale de réformes profondes reste encore un peu abstraite. Elle n’est ni argumentée, ni incarnée par une personnalité ou un programme politique.
Le catalogue de réformes que vous préconisez est vaste : retraites, fonctionnement de l’Etat, structures administratives du pays....
Chacun de ces problèmes ne peut être traité isolément sous peine d’échec. La voie de la réussite passe par un projet politique de grande ampleur construit sur la mise en place d’un système équitable pour les jeunes générations. Les jeunes doivent avoir la certitude qu’ils ont un avenir...
Sans cela ?...
Sinon ce sera le conflit inter-génération que l’on sent déjà poindre. Aujourd’hui, pour les jeunes c’est la double peine : ils subissent un enseignement toujours plus clochardisé lequel alimente un chômage de masse avec des filières sans issue. La pauvreté est devenue un problème de jeunes : aujourd’hui, le taux de pauvreté des moins de 25 ans atteint 20%, c’est cinq fois plus qu’il y a trente ans !
L’évolution démographique ne va-t-elle pas corriger cela avec les départs en retraite massifs au cours des prochaines décennies ?
Cette vision est naïve. Comment imaginer que des jeunes gens qui ne trouvent déjà pas de d’emploi au moment de leur entrée dans la vie active prennent celui des seniors qui s’en vont ? Par ailleurs, l’augmentation du nombre de retraités va peser essentiellement sur les jeunes générations d’actifs, tandis que les mieux lotis, soumis à une pression fiscale toujours plus intense, seront tentés de partir à l’étranger. On perd donc sur tous les tableaux. Il faut se rendre à l’évidence: il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui on vit plus longtemps et que l’on peut travailler beaucoup plus longtemps. Tout le monde y gagnerait : cela contribuerait à la richesse collective ; cela génèrerait des ressources supplémentaires pour l’Etat. Dire que cela pèserait sur la jeunesse en prenant des emplois qui lui sont destinés est absurde. Au contraire, cela limiterait la charge financière qui va peser sur les jeunes générations.
Comment voyez-vous la mise en oeuvre de tout cela?
La question du leadership politique est évidemment essentielle. Le « comment » suppose la confiance en une personne. A l’étranger, les grandes réformes ont été conduites par des Bill Clinton aux Etats-Unis, Tony Blair au Royaume-Uni, José Maria Aznar puis José Luis Zapatero en Espagne. En Allemagne Gerhard Schröder a incarné l’agenda 2010 et les électeurs ont donné à la majorité suivante le mandat pour poursuivre ces mêmes réformes. C’est d’ailleurs l’existence de ce moteur européen qui va nous pousser à évoluer. Maintenant on ne peut plus invoquer le retard de l’Allemagne pour ne rien faire. Evidemment, il faut des gens neufs pour les mettre en oeuvre. Malheureusement, depuis trente ans, nous avons les mêmes en face de nous. Avec la même mentalité, la même certitude selon laquelle on peut soit faire, soit durer. Et tous choisissent de durer.
Les remèdes que vous préconisez sont largement puisés dans le répértoire libéral...
D’une certaine façon, nous sommes tous libéraux sur un plan économique... Je prends souvent en référence la Suède qui depuis 20 ans est dirigée par les sociaux démocrates ce qui ne l’a pas empêchée de mener toutes ces réformes. En France, le consensus est beaucoup plus large qu’on ne croit : tout le monde veut un état fort, une protection sociale importante, une société très largement solidaire. Il faut simplement faire en sorte que l’argent public soit mieux utilisé. Tout le débat porte sur notre capacité à réformer l’état pour améliorer l’utilisation de l’argent public et structurer les systèmes sociaux. Tout cela est largement faisable, sans violence sociale particulière. Car la France reste un pays riche qui, en plus, bénéficie d’une bonne évolution démographique comparée à d’autres nations.

Vous êtes plutôt sévère sur la jeunesse actuelle lorsque vous évoquez sa propension à défendre des causes contraires à son intérêt. Ils sont les enfants de la crise après tout….

Il est vrai qu’ils ont des circonstances atténuantes. A commencer par l’irresponsabilité du système éducatif qui multiplie les filières sans débouchés. Trois catégories de jeunes ont des raisons d’en vouloir à la société : les premiers sont les déclassés issus d’une formation ne leur donnant aucun avenir ; il suffit de regarder les dépenses par étudiant pour comprendre : l’université française investit 4000 euros par étudiant et par an, alors que Polytechnique va dépenser 12 000 à 20 000 euros tandis que le Massachussetts Institute of Technology de Boston va investir 120 000 euros par étudiant et par an ! L’autre catégorie est composée de ceux qui sont sortis du système et qui vont alimenter la grande pauvreté ; la troisième catégorie est la population des cités qui sont des zones aujourd’hui hors du système.

Qu’est-ce qui vous fait dire que la France peut aborder un virage décisif ?

Aujourd’hui, les Français ont conscience qu’après 1981, nous avons eu trois élections présidentielles pour rien. En 1988, ce fut le « ni-ni » [ni socialisme, ni libéralisme] et donc l’immobilisme ; en 1995, on nous a servi le thème de la « la fracture sociale » qui n’a débouché sur rien ; en 2002, ce fut l’incapacité de transformer un vote certes négatif, mais qui a donné une très forte majorité, en une dynamique positive, avec par exemple un gouvernement d’union nationale.
Ce qui donne pour 2007….
Pour la prochaine élection, nous avons tout ce passif, nous avons aussi la certitude d’avoir utilisé toutes nos marges de manœuvres et l’agenda tracé pour les prochaines années est donc essentiel. Certes, les réformes à mettre en oeuvre sont complexes, les leviers à actionner simultanément sont multiples. Ce n’est pas simple. Mais nous n’avons plus d’excuses. Tous les autres pays y sont parvenus.

Propos recueillis par Frédéric Filloux

07 décembre 2006

Rendez-vous médias

           

Pour information, je serai demain (le 8) sur RMC dans l'émission d'Alain Marschall et Olivier Truchot de 13h à 13h45.

Et je serai le 11 décembre dans la matinale d'ITélévision.

Silver life institute

 

 

Le Silver Life Institute, "centre d'expertise sur l'économie du vieillissement" publie dans sa rubrique "Documentation" une liste d'ouvrages, dont le papy-krach

 

Le papy krach
SPITZ Bernard
Editions GRASSET
Maître des requêtes au Conseil d'Etat, ancien conseiller de Michel Rocard, auteur, avec Roger Fauroux, de Notre Etat, Bernard Spitz a publié le 3 octobre Le Papy-Krach, une charge implacable et argumentée contre ce qu'il considère comme « la plus incroyable spoliation générationnelle de notre histoire, en temps de paix. Un krach qui n'est pas seulement économique, mais aussi politique, social et moral. Car il peut conduire à l'explosion du contrat social passé entre les Français ». Le conflit générationnel peut-il être, à terme, un moteur de progrès ? A toutes les époques, les crises de la jeunesse en disent long sur les difficultés du pays. Si ce conflit permet de mieux préparer le futur et de réconcilier les générations de Français autour des réformes qui éviteraient le papy-krach, alors, oui, il sera un moteur de progrès. Dans une société inquiète, où les classes moyennes souffrent et où les corporatismes se replient sur eux-mêmes, réinventer l'intérêt général reste une idée moderne. C'est peut-être le principal enjeu de 2007 et c'est ce qui explique pourquoi la question du renouvellement des générations en politique est déjà au cœur du débat présidentiel, à gauche comme à droite.

Histoires bretonnes

L'antenne bretonne du Syndicat Général de l'Education Nationale - CFDT publie un compte rendu du papy-krach sur sur son site dans la rubrique "Que lis-tu?"

 

Par ailleurs, je devrais intervenir le 15 décembre à Locarn, dans les Côtes d'Armor, dans le cadre d'une rencontre organisée par l'Institut de Locarn sur un thème pas très optimiste : "La France échappera-t-elle à une révolte de sa jeunesse privée de futur ? "

 

Faut-il voir dans cet intérêt breton pour le papy-krach un lien avec la surreprésentation du 3ème âge...

Le papy krach s'exporte

De retour sur ce blog un peu délaissé ces derniers temps pour attirer votre attention sur cet article publié dans le Temps. Manifestement, les Suisses s'intéressent aux "conflit de générations qui s'annonce chez [leur] voisin"...

 

ECLAIRAGES : France: les papys égoïstes

Date de parution:

Vendredi 1 décembre 2006

Auteur:

Antoine Bosshard

Le plus grand hold-up de l'histoire, sur l'avenir de leurs enfants.

Ce n'est pas un cri d'alarme, c'est un coup de semonce que lance Bernard Spitz, spécialiste de la réforme de l'Etat, dans ce petit essai consacré au conflit de générations qui s'annonce chez nos voisins. Entre deux générations de retraités et la cohorte des jeunes, auxquels les premiers n'ont pas su, ni voulu penser. «Le programme qui s'annonce pour la jeunesse de France, c'est tout simplement le plus grand hold-up de l'histoire, celui de la spoliation de plusieurs générations sacrifiées qui ne semblent toujours pas réaliser ce qui les attend... Mais gare au réveil!»
Le papy-krach, c'est avant tout le tableau affligeant, et remarquablement bien documenté, de la légèreté avec laquelle les dirigeants de l'Hexagone, surtout sous Mitterrand et Chirac, ont négligé l'avenir de leurs enfants. Avec le renversement de la pyramide des âges, et les trous béants de la dette, des retraites et de la Sécu et une grappe de handicaps, voici les jeunes très mal engagés. Un séisme en vue si des réformes courageuses ne sont pas mises en œuvre. Impressionnant.
Bernard Spitz, «Le papy-krach», Grasset, 121 p.