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22 novembre 2006

Prix des Lecteurs du Livre d'Economie

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Comme je le disais dans un précédent post, Le Papy-Krach figure sur la première liste du Prix des Lecteurs du livre d'Economie organisé par le Sénat.

Le prix est décerné en fonction du vote des lecteurs-internautes. Depuis vendredi, les votes sont ouverts sur le site (assez élégant) que le Sénat à mis en place pour la circonstance.

La présentation du Papy-krach est .

Et pour voter, c'est là.

17 novembre 2006

Blogosphère

Je profite de cette fin de semaine pour remercier les blogueurs qui ont posté sur le papy-krach et contribué à ce débat qui me semble essentiel.

Des contributions qui viennent de partout. Du clin d'oeil sympathique à l'analyse fouillée. Du vieux briscard de la blogosphère politique à la jeune lectrice de 21 ans.

Merci donc à :

Loic Lemeur

Mry

Verel

Koztoujours

Versac

Econoclaste

Planetargonautes

Rodrigo

Nyms

Dvanw

et à tous ceux que j'aurais pu oublier.

En espérant que le débat ne va pas s'arrêter en si bon chemin...

UPDATE (07/12/2006)

Un post de F.Boizard, du blog La Lime sur le papy-krach

16 novembre 2006

Danger : incendie social

 

Ci-dessous une tribune publiée dans les Echos de ce matin. Qu'en pensez-vous?

 

Danger : incendie social 

Bernard SPITZ

Les vétérans de Mai 1968 devraient savoir qu'il ne faut pas désespérer la jeunesse. Si celle-ci se soulève, ce ne sera pas comme l'écrivait Pierre Viansson-Ponté dans « Le Monde » parce qu'elle s'ennuie, mais parce qu'elle enrage de l'avenir que l'on est en train de lui voler. Dans une société meurtrie par le chômage, précarisée par la dette et fragilisée par la mondialisation, la situation est en effet plus inflammable que jamais.

En 1968, sur fond de confiance en l'avenir, la jeunesse avait des aspirations d'émancipation que les adultes n'entendaient pas : alors, elle avait haussé le ton. Quand d'autres, tels les mouvements ouvriers, ont tenté d'adhérer à cette dynamique, la cristallisation a échoué. D'autant que la CGT et le PC ont eu tôt fait de ramener le monde du travail à distance des étudiants.

Si une nouvelle révolte se produisait à l'avenir, la situation serait bien différente et potentiellement bien plus dangereuse. Trois foyers distincts peuvent en effet conduire à l'embrasement : le premier, c'est celui d'étudiants déclassés, frustrés des conditions matérielles de leurs études comme de leur difficulté à embrayer sur le marché du travail, qui ne supportent pas d'être traités en sous-salariés. Ils savent que leur situation ne s'améliorera pas et enragent d'être les laissés-pour-compte de la faillite de notre système d'enseignement supérieur de masse.

Le second, c'est les bataillons de chômeurs de moins de 25 ans, les plus importants en Europe, qui survivent souvent grâce à l'assistance de leurs parents, mais se retrouvent parfois en deçà du seuil de pauvreté. Ceux-là non plus ne voient pas comment leur situation pourrait s'améliorer, leur risque étant de tomber dans l'exclusion définitive. Le troisième foyer, ce sont les jeunes des cités, mortifiés du peu de cas qui est fait de leur sort. Eux aussi désespèrent de l'avenir en voyant la police les suspecter plus qu'elle ne les protège, l'élite des gangs faire la loi sur celle de la réussite scolaire et le communautarisme supplanter l'intégration républicaine.

Trois jeunesses comme trois foyers d'incendie qui peuvent coïncider et tout embraser sur leur passage... dans un krach social, civique et politique.

Car si une telle révolte éclate, son symbole ne sera plus le sourire charmeur d'un Cohn-Bendit devant les CRS. L'autorité n'y aura pas le caractère débonnaire du préfet Grimaud. Les forces de rappel syndicales et politiques ne seront plus d'aucune utilité.

Si une telle révolte éclate, il y aura de la violence et non des sourires. Il n'y aura pas de délégués syndicaux pour ramener les meneurs à l'ordre. Les émeutes ne se limiteront pas aux incendies en bas des cités, qui ne pénalisent que ceux qui y vivent. C'est les Champs-Elysées qui brûleront. On risque des morts des deux côtés. Il suffit de réécouter la chanson qu'interprétait Daniel Balavoine dans Starmania : « Quand on arrive en ville », le même Balavoine qui interpellait déjà François Mitterrand pour lui dire qu'il ne comprenait rien aux jeunes.

Il y a eu, depuis, le 21 avril, le référendum européen, les émeutes des cités, les manifs anti-CEP, le vandalisme sur les Invalides... On s'attaque à des policiers, on brûle les autobus. Comment ne pas voir les dangers d'une telle dégradation ? Certes, beaucoup d'associations ou d'enseignants ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts, des crédits publics sont péniblement dégagés ici et là et les initiatives privées se multiplient. Mais nous sommes loin de ce qu'est une vraie priorité politique : l'affirmation d'une volonté, l'urgence, et les moyens financiers et humains qui vont avec.

2007 est l'occasion unique de recueillir la légitimité populaire pour appliquer les choix qui s'imposent et qui concerneront chacune et chacun d'entre nous : réinvestir massivement dans l'enseignement supérieur et l'école dans les quartiers difficiles, faire contribuer les retraités au redressement des comptes sociaux, repousser l'âge légal de départ à la retraite et lancer enfin la réforme de l'Etat sans laquelle rien ne sera fait, faute de moyens ou au prix d'un surcroît d'endettement suicidaire.

C'est le moment de vérité sur le plan de nos choix collectifs et de notre volonté de continuer à vivre ensemble. Sinon, ce n'est pas seulement Billancourt que l'on désespérera : mais l'ensemble de cette communauté de citoyens libres qui s'appellent les Français.

BERNARD SPITZ est président de BSConseil.

10 novembre 2006

Le papy-krach sélectionné pour le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie

Vous connaissez peut-être ce prix organisé par le Sénat. Une préselection a été arrêtée par le Comité d'organisation, et les internautes sont appelés à voter en ligne (1er tour à la mi-novembre, 2ème tour à la mi-février)

La préselection :

- Comment nous avons ruiné nos enfants, Patrick ARTUS et de Marie-Paule VIRARD ( La Découverte )
- Made in Monde de Suzanne BERGER (Seuil)
- L'économie de l'Inde de Jean-Joseph BOILLOT ( La Découverte )
La Pratique de la Chine d'André CHIENG (Grasset)
- Trois leçons de la société post industrielle de Daniel COHEN (Seuil)
- L'économie de marché de Roger GUESNERIE (Le Pommier)
- Voyage au pays du coton d'Erik ORSENNA (Fayard)
- La méthode Colbert d'Olivier PASTRÉ (Perrin)
- Le papy-krach, essai de Bernard SPITZ (Grasset)
- Psychanalyse de l'antilibéralisme de Christian STOFFAES (Saint-Simon)

Toutes les infos sur le site du Sénat

09 novembre 2006

Les jeunes du PS appelés aux urnes!

Au cours du dernier débat des candidats à l'investiture du PS, les jeunes ont été très sollicités. Les thèmes de l'environnement et de l'international s'y prétaient, certes, mais il y a peut-être plus. L'idée que l'on ne peut pas engager un renouveau en France , sans les jeunes et encore moins contre. Une idée évidente?  Pas tant que cela: elle suppose d'arrêter de faire de la sécurité le "plus produit" de la campagne et de chercher à motiver plus qu'à consoler.

Il reste un dernier effort à attendre des candidats: qu'ils disent clairement comment ils comptent rééquilibrer les comptes en arrêtant la spoliation des jeunes générations. C'est à dire qu'il faut repousser l'âge légal de départ en retraite ( sauf les métiers vraiment pénibles),  faire payer les  retraités et faire les économies nécessaires sur la gestion de l'Etat.

Chiche?

08 novembre 2006

Pour les italophones

IL FOGLIO[.it]

Une interview donnée mi-octobre au quotidien italien Il Foglio (2ème colonne en partant de la gauche)

Télécharger InterviewIlFoglio.pdf (317.4K)

07 novembre 2006

Le papy-krach dans Sud-Ouest

 

Une critique de Frank de Bondt dans les pages livres de Sud-Ouest

 

LE HOLD-UP DE TOUTE UNE GENERATION

Les baby-boomers sortent étrillés de la lecture du livre de Bernard Spitz, 47 ans, ancien conseiller de Michel Rocard et aujourd'hui à la tête d'une société de conseil. Non contente d'avoir rapidement occupé tous les postes de commande, la génération née après la Seconde Guerre mondiale laisse à ses enfants, au moment de partir à la retraite, un pays endetté, des régimes sociaux lourdement déficitaires et un système de retraites tellement avantageux pour elle qu'il se révélera rapidement infinançable, à moins de faire payer davantage des actifs de moins en moins nombreux.
Inconscience. Ce tableau est connu mais, dans « Le Papy-Krach », Bernard Spitz ne se contente pas de donner des chiffres vertigineux, il dénonce l'égoïsme d'une génération hédoniste et inconsciente qui, pour la première fois dans l'histoire, n'a pas hésité à sacrifier l'avenir de ses enfants à ses plaisirs immédiats. « Avec une ironie cruelle, souligne-t-il, la génération des baby-boomers a érigé sur un piédestal les droits des enfants, le respect de leur personne et de leur autonomie, tout en leur léguant les sacrifices qu'elle n'a pas eu le courage de faire. Les livres de Françoise Dolto dans une main, et la matraque des prélèvements dans l'autre... »
Quant à tous ces enfants bernés, ils se sont trompés de combat. Depuis trente ans, les manifs étudiantes ont démontré que les jeunes avaient brûlé leurs cartouches protestataires contre des réformes susceptibles d'améliorer leur avenir, faisant ainsi le jeu des conservatismes et des corporatismes au service de leurs aînés.
La facture des retraites. Bref, comme l'observe Spitz, les étudiants ont été instrumentalisés au point de ne pas voir qu'ils roulaient pour d'autres et pas pour eux-mêmes. Demain, munis de diplômes universitaires déqualifiés, ils paieront, de surcroît, la facture des retraites et d'une Assurance maladie en faillite.
Le constat est sombre, et le bilan n'est pas à l'avantage de la Ve République. « Paradoxalement, écrit l'auteur, c'est depuis qu'ils ont accédé au droit de vote à 18 ans que la situation des jeunes Français, en tant que groupe social, a commencé à se dégrader par rapport à celle des autres générations. » Les acteurs de Mai 68 ont décidément un sérieux examen de conscience à faire pendant qu'ils coulent (encore) des jours heureux à la retraite ou à la veille de celle-ci. Mais la paix pourrait être de courte de durée, car une révolte de la jeunesse spoliée n'est pas à exclure.
« Le Papy-Krach », par Bernard Spitz. Grasset, 130 pages, 9 euros.

06 novembre 2006

Génération sacrifiante

Un "rebond" de Pascal Riche dans le Libé du jour, qui parle entre autres du papy krach.

 

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/215169.FR.php

 

Livre. Trois ouvrages dénoncent l'état dans lequel les baby-boomeurs laissent la France à leurs enfants.

Génération sacrifiante

Par Pascal RICHE

QUOTIDIEN : lundi 6 novembre 2006

Comment nous avons ruiné nos enfants, Patrick Artus, Marie-Paule Virard, la Découverte ; le Papy Krach, Bernard Spitz, Grasset ; Nos enfants nous haïront, Denis Jeambar et Jacqueline Rémy, Seuil.

 

Souvent posés côte à côte dans les librairies, ces trois titres peuvent faire sourire. L'un raconte «comment nous avons ruiné nos enfants» , le deuxième en déduit qu'ils «nous haïront» et le troisième donne l'explication du cauchemar annoncé : l'arrivée d'un «papy krach» que nous ne préparons pas. Les trois ouvrages, dans des styles très différents, font le même diagnostic : comment «nous» (les vieux) sommes en train de refiler à la génération suivante nos ardoises d'impayés et une somme de problèmes inextricables, santé, vieillesse, dette (deux tiers du PIB), chômage de masse...

Le thème de la «génération sacrifiée» n'est certes pas nouveau, mais la crise du CPE et celle des banlieues, qui ont chacune illustré les angoisses des nouvelles générations, ont servi de piqûre de rappel. Les jeunes d'aujourd'hui sont ceux qui auront connu le plus de chômage, ils sont aussi ceux sur lesquels on aura le moins investi en matière de formation, et c'est à eux que l'on demande de payer pour financer les retraites et la santé de l'énorme masse des baby-boomeurs, qui, eux, ont profité de la vie comme aucune génération ne l'a fait.

Pour faire sentir concrètement au lecteur ce que représentera le choc démographique à venir, les auteurs rivalisent de formules chocs. L'économiste Patrick Artus et la journaliste Marie-Paule Virard constatent qu'en 2030 la moyenne d'âge du pays sera celle de la ville de Cannes (pour ceux qui connaissent Cannes, il y a de quoi frémir) : un Français sur trois aura plus de 60 ans. «Pour la première fois de notre histoire, nous allons transmettre à nos enfants plus de charges que de ressources», soutiennent Denis Jeambar (qui dirige depuis peu le Seuil) et la rédactrice en chef à l'Express Jacqueline Rémy. «Le programme qui s'annonce pour la jeunesse de France, c'est tout simplement le plus grand hold-up de l'histoire, celui de la spoliation de plusieurs générations sacrifiées qui semblent ne toujours pas réaliser ce qui les attend», renchérit Spitz.

Les auteurs des trois livres ont des conclusions assez voisines : la France a besoin de réformes. La progression de la dette doit être stoppée ; l'âge de la retraite doit être repoussé ; la retraite par capitalisation doit être instaurée pour compléter le dispositif de répartition. Autant de réformes qui, soit dit en passant, pèseront une fois de plus sur la génération «sacrifiée» : c'est elle qui travaillera plus longtemps, c'est elle qui aura à payer deux fois, pour ses aînés (répartition) et pour elle-même (capitalisation). Ne faudrait-il pas aussi, en bonne logique, faire payer les retraités actuels, ceux qui ont profité de la croissance, de démographie alors favorable, de l'inflation des années 70 (qui leur a permis d'acheter leur logement à des taux d'intérêt réels négatifs), puis de la désinflation des années 80-90 (qui a permis de grossir leur épargne) ? Jamais les plus de 60 ans n'ont eu un train de vie aussi confortable. Il est supérieur à celui des salariés, est-ce bien normal ? Sans parler de leur patrimoine : avec l'allongement de la vie, ce sont de plus en plus souvent des retraités qui héritent de leurs parents. Bizarrement, aucun des trois livres ne suggère franchement des sacrifices aux «baby-boomeurs» dont ils dénoncent l'enrichissement. Spitz se borne à souhaiter une «juste répartition de la charge entre toutes les générations». 

Les trois livres sont très différents. Le Jeambar-Rémy, enlevé, joue sur la corde repentante, celle des baby-boomeurs sexagénaires revenus de Mai 68 (on a bien trop joui !); celui d'Artus-Virard, intelligent mais épars, fait des détours pédagogiques par le boom économique chinois, la construction européenne et les prix du pétrole ; celui de Bernard Spitz, conseiller d'Etat rocardien, est le plus politique. L'une de ses interrogations ­ passionnante ­ porte sur l'apathie des jeunes, qui ont été incapables, malgré leur pouvoir, d'empêcher ce «hold-up» dont ils sont victimes. A lire les sondages, ils semblent lucides sur leur propre situation, et ils ne se désintéressent pas de grandes causes comme l'écologie. Pourquoi ne défendent-ils pas leurs propres intérêts, se demande l'auteur ? Pourquoi s'abstiennent-ils aux élections ? Pourquoi ne lisent-ils pas de journaux ? Spitz esquisse quelques réponses : impossibilité de se projeter dans l'avenir, confiscation du pouvoir par les plus âgés, emprise des médias, qui transforment le débat public en divertissement... Selon lui, l'égoïsme des plus âgés et l'inaction des plus jeunes se conjuguent pour préparer une rupture du contrat social, un «krach». Sauf si, espère-t-il, les candidats à la présidentielle se saisissent enfin à bras-le-corps du sujet.

Le clash des générations

 

Une chronique d'Eric Le Boucher publiée dans le Monde d'aujourd'hui

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-831258,0.html

Le clash des générations

LE MONDE | 06.11.06

Le baby-boom s'achèvera-t-il en "papy-krach" ? De cet excellent néologisme Bernard Spitz a fait le titre de l'un des meilleurs essais parus ces temps-ci sur la jeunesse gâchée et le risque de conflit des générations. L'un des meilleurs parce que le haut fonctionnaire, conseiller d'Etat, n'épargne pas les jeunes eux-mêmes, qui "se sont tiré une balle dans le pied".

"Ils ont bien protesté, au rythme d'environ une fois tous les deux à trois ans en moyenne. Mais pour lutter contre quoi ? A quoi ont-ils consacré leurs cartouches protestataires ? A rien d'essentiel pour leur avenir." Pas de réforme du bac, pas de sélection à l'entrée de l'enseignement supérieur, pas d'autonomie des universités. Autant de mesures qui leur auraient été favorables pour trouver un emploi. Les jeunes "ont fait le jeu des professionnels de l'instrumentalisation, du conservatisme et des corporations". A rouler pour les autres (les syndicats d'enseignants, les grandes écoles dont le monopole malthusien est renforcé et les groupuscules trotskistes, selon Bernard Spitz), les jeunes vont payer par un recul de leur situation sur tous les plans.

Mais, bien entendu, les premiers responsables sont les baby-boomers, génération égoïstes. "Après nous le déluge", a été leur règle de conduite pendant trente ans de négligences et de pis-aller, quelle que soit la couleur politique.

Bernard Spitz pousse un cri de colère. Les baby-boomers laissent aux jeunes une dette abyssale : ceux-ci paieront le recul de la qualité de leur enseignement supérieur par un accès malaisé au monde du travail. Ils paieront les retraites de leurs aînés par des impôts supérieurs et par le fait de devoir travailler plus longtemps. C'est "tout simplement le plus grand hold-up de l'histoire", résume M. Spitz.

Le désamour de la jeunesse de la Ve République commence avec Valéry Giscard d'Estaing, qui "osa le mouvement avant d'incarner le conservatisme", poursuit l'auteur. D'où le divorce. "Au Parlement, la moyenne d'âge frise la soixantaine." Pour nos élus, "le jeune est un problème en économie et un danger dans l'ordre social". Les médias sont critiqués au passage pour ne pas savoir attirer les jeunes lecteurs.

Conséquence : l'abstention et le vote "contre". "Sceptiques à l'égard des idéologies, les jeunes ne se sentent guère représentés par nos dirigeants, les plus immuables d'Europe depuis les hiérarques soviétiques." Le "je ne vous comprends pas" de Jacques Chirac lors du débat télévisé sur la Constitution européenne traduit pathétiquement le "dialogue de sourds". Le CPE et les banlieues : "Les jeunes ont pu y voir la confirmation que le monde politique leur était résolument hostile."

Le papy-krach est "la négation de notre triptyque républicain", conclut Bernard Spitz. Il n'a rien à voir avec la liberté, rien à voir avec l'égalité, rien à voir avec la fraternité, "puisque, au nom des droits acquis, il est fait l'impasse sur les enfants". Est venu le temps d'une "révolution" : 2007, l'élection présidentielle et les législatives, qui vont donner aux jeunes l'occasion d'élire enfin des représentants plus proches de leurs préoccupations. Ils vont pouvoir imposer à la gauche comme à la droite un contrat politique avec le pays. "Seul un programme de réformes clair et légitime permettra d'éviter la spoliation des jeunes par le papy-krach et les risques d'éclatement de la société française dans un clash entre générations." Contrairement aux idées reçues, les jeunes sont prêts pour les réformes, explique Bernard Spitz. Ils soutiennent, par exemple, l'idée d'un service minimum dans les transports publics ou la révision des allocations chômage après trois refus d'offres d'emploi.

Les jeunes sont plus réalistes que ne le disent les slogans de leurs manifestations. Ils ont "une idée lucide du monde qui se construit". Rétablir la justice entre les générations est encore possible. Dernière occasion.


LE PAPY-KRACH de Bernard Spitz. Grasset, 136 pages, 9 €.

Eric Le Boucher

31 octobre 2006

Il faut arrêter de spolier la jeunesse

La_croix

Ci-dessous, un entretien avec Louis de Courcy paru dans la Croix vendredi dernier (bizarrement, toutes les photos ont disparu en téléchargeant l'article.)

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